Greg

En Occident, je me demande s’il existe une place pour ce travail de l’esprit… si sain

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Le film que je vais vous raconter s’inscrit dans une démarche de transmission et d’apprentissage. Il est issu d’interrogations sincères sur la place de l’homme, et la mienne en particulier, dans la société occidentale contemporaine. Cette interrogation s’est faite en parallèle avec celle de l’un des protagonistes, Viswa, que j’ai rencontré à l’automne 2010 et qui avait les mêmes questionnements. Je me suis retrouvé confronté à un jeune homme moderne d’une culture fondamentalement différente et qui, à l’époque, se cherchait par le biais de la création photographique. Recherche que je faisais aussi et qui m’avait poussé à quitter l’éducation nationale deux ans auparavant.
Début 2013, j’ai pris une cinquième fois mon sac pour retrouver l’Inde et ses hommes saints dans le but de poursuivre un projet photographique nommé « Mother Ganga » mais aussi cette quête personnelle. J’ai rencontré une seconde fois, presque par hasard, Viswa, qui avait pris un chemin inattendu. Une barbe immense, des yeux brillants avaient transformé mon ami en un être sans âge sur le chemin du calme et de la sérénité. Ce fut un moment intrigant, la sensation qu’il était devenu un de ceux que j’étais venu photographier. Je l’ai donc suivi dans un travail précis qui devait nous amener à vivre ensemble durant plusieurs semaines en quasi autarcie au bord de la mer d’Oman. J’ai observé le mode de vie où sa quête de sagesse l’avait emmené, ses rituels, ses longues heures de méditation. Mais aussi la portée que tout cela engendrait sur son environnement relationnel et l’effet qu’avait eu ce choix de vie sur ses anciens questionnements.
C’est à ce moment-là que le projet du film a réellement pris corps, bercé par les discussions avec Viswa. Et lorsqu’il m’a parlé de celui qui l’avait guidé sur ce chemin, Yannick, un Français installé dans le Mercantour, la forme du film s’est imposée d’elle-même : une forme qui inverse les codes, qui montre un élève indien et son maître français, tous deux au cœur de sociétés bien différentes.
Ce film est donc une proposition de questionnements sur la place que l’on offre à ces hommes habités par une conviction spirituelle intense et sur l’influence qu’ils ont, ou pourraient avoir, sur la société elle-même.